Texte écrit début juillet 2024, entre la dissolution et les élections législatives.
Entre nous, on sait, si le RN passe, c’est la D.
Y a beaucoup d’gens qu’ont peur, qui font des hypothèses, qui expriment leur malaise. Moi pas besoin, ça fait des années que j’connais les hyperthèses, que je les vois de près, que j’capte bien Radio Air Haine. Y en a ptet qu’ont oublié, moi ça reste gravé : y a 12 ans, sur les plateaux télé, des gens m’traitaient d’tarée, me disaient que j’étais la fin d’l’humanité. J’ai découvert mon homosexualité quand l’homophobie était revenue à la mode. Et ça c’était que l’premier épisode.
J’ai toujours gardé au chaud l’idée de pouvoir transitionner, d’embrasser à fond ma non-binarité, mais là j’sens que j’vais laisser la porte de ce placard se refermer.
Parce qu’ils ont les voyous qui font les lois, ils ont aussi les brutes dans la rue, ceux qui cagoulés, gants coqués, surentrainés attaquent les manifs où on défend nos droits, et ceux en uniforme qui les défendent et qui nous menacent, mutilent, insultent, noient sous le gaz qui te fait pleurer tes poumons.
Heureusement, ça durera pas si longtemps. Vu l’état du climat et que le réchauffement, bah… RN n’y croit pas, j’aurai sûrement jamais 50 ans. Alors pas grave pour ma retraite inexistante de saltimbanque. J’me fais pas trop d’idées : leurs paroles resteront, mes écrits s’envoleront en fumée.
J’ai toujours été contre, mais l’ennemi a trop grandi, il pourrait bien à nouveau être impuni, alors :
Pour vivre heureuxes , vivons caché-e-s.